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DISCOURS DU PRESIDENT

24 heures de l'innovation juridique - 13 octobre 2016, Conseil national des barreaux


Retrouvez le discours du président Pascal Eydoux en ouverture des 24 heures de l'innovation juridique au Conseil national des barreaux le 13 octobre 2016.


L’imagination de la nature humaine est sans limite.

Elle doit l’être pour l’avocat. Elle l’est.

Il n’est pas de jour qui ne nous délivre dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans l’ensemble de nos simples rencontres au quotidien, des exemples d’innovation.

Celle qui résulte de l’accès aux nouvelles technologies évidemment.

Celle qui est liée aux nécessités économiques bien sûr.

Mais aussi, et peut-être surtout, celle qui résulte de l’extraordinaire capacité de l’individu à s’adapter à son nouvel environnement.

Notre profession est concernée par ce mouvement.

Elle en est, ici, le sujet. Gardons-nous qu’elle en soit l’objet.

Notre profession doit en être l’acteur, un des acteurs.

Le monde, a-t-on coutume de dire, est en mutation.

Ce mot tiède est parfois rassurant.

Comme celui de l’observation désintéressée d’un spectateur qui assiste à une présentation d’un état qui lui serait étranger.
A défaut il serait inquiétant ou signifier une crainte avérée.

Crainte de ne pas suivre et d’être dominé.

Criante de ne pas suivre et d’être déclassé.

Il en résulte des réflexes.

Celui du repli sur soi d’abord et celui de la certitude que le repli serait nécessaire aussi pour les autres.

Selon que les craintes dominent les esprits, la société se bloque, se crispe et se déchire.

Il en est de la profession d’avocat comme des autres : son risque est de subir.

La responsabilité du Conseil national des barreaux est au moins double à l’égard d’une telle situation.
- Evaluer ce qui survient et proposer l’adaptation la meilleure possible à tous les avocats.
- Anticiper ce qui peut survenir et proposer une vision du devenir de notre état.


1. Evaluer et proposer :

Cette obligation tient dans la certitude que l’évolution sociale et économique de notre société est inéluctable, qu’elle ne dépend pas de nous mais de ses acteurs qui nous font confiance, pour le moment.

Evaluer les conséquences de cette évolution nous contraint à ne pas croire que nous étions, auparavant, les sujets d’un âge d’or qui serait désormais révolu et que nous serions légitimes à regretter.

Il n’est qu’à nous replonger dans les livres d’histoire pour concevoir combien serait vaine un tel espoir d’un retour dans les siècles révolus.
Proposer consiste à définir pourquoi, l’adaptation étant nécessaire, les avocats doivent investir avec résolution autant que d’enthousiasme :

- les nouveaux modes d’exercice
- les nouveaux outils de communication et d’échanges
- les nouveaux champs de compétence

Ils doivent retenir que le conseil et la défense procèdent de la même éthique, de la même vocation et de la même légitimité à construire un état de droit dont ils sont les garants puisque le droit est le facteur de régulation des rapports sociaux et économiques et qu’ils en sont les acteurs.

Ils doivent retenir que chacun des avocats doit investir son activité dans les nouveaux espaces numériques et les nouvelles modalités de leur offre de prestations de services adaptée à la demande nouvelle qu’il est libre d’évaluer lui-même, doit être libre de le faire pourvu qu’il respecte les principes fondamentaux de notre déontologie exigeante et nécessaire.

Nous aborderons ensemble le cœur de cet état lors de notre convention nationale 2017 à Bordeaux, sous le titre : « Numérique et Territoires ».

2. Anticiper :

Cette évaluation d’un état qui survient, qui est déjà survenu, n’est pas suffisante encore.

Elle exige beaucoup de tolérance mais ne peut, à elle seule, apporter à chacun la vision de notre devenir commun.

Anticiper ce qui surviendra demain, très vite, est une exigence complémentaire.

Accepter d’imaginer que les robots apporteront l’information et la connaissance suppose de concevoir et d’accepter que la plus-value de l’avocat sera celle de la stratégie.

Accepter d’investir pour pérenniser sa présence et son exercice ailleurs que dans des cabinets construits en dur dans les rues de nos villes et villages mais dans les espaces virtuels indifférents au monde, suppose de concevoir et de reconnaître que la projection n’est pas celle d’un vœux métier mais celle d’une offre actualisée aux acteurs qui composent une société en mouvement perpétuel et à une clientèle en demande de besoins auxquels les avocats veulent répondre.

Accepter de concevoir un avocat sans robe, sans juge et sans palais suppose de reconnaître, non pas une injure mais un droit de chacun à exercer différemment un métier universel qui, du territoire identifié à un espace dématérialisé et par voie de conséquence infini, permet et permettra toujours à l’humanité de réguler son droit et d’en confier la mission à l’avocat.

Il n’est pas de vertige qui rassure, ceci est vrai.

Pour autant il n’est pas d’avenir sans espoir de vertige.

Acceptons donc d’espérer dans ce mouvement universel que nous ne maîtriserons jamais, qui nous emportera ailleurs chaque jour plus vite mais qui, à défaut de rêve nous préservera de la déception et à défaut de certitude nous préservera de l’ennui.

Non, mes confrères, le pire n’est jamais certain tandis que le monde n’est pas celui qui est, il est celui qui devient, il est celui que nous inventerons, que nous devons inventer, aujourd’hui et sans plus attendre.

Je vous remercie.

Pascal EYDOUX
Président du Conseil national des barreaux


Lundi 17 Octobre 2016

     


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