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ACTUALITES DE L'INSTITUTION

A propos de la Cour d'appel de Nimes : lettre en réponse à l'article publié dans la Gazette du Palais, édito du Président, 27 fév. 2012



Lettre du Président Christian Charrière-Bournazel au Directeur de la publication de la Gazette du Palais en réponse à l’article « Nîmes : les magistrats choqués par la demande d'inspection du CNB » paru dans la rubrique Échos de la Gazette du Palais des 19 au 21 février 2012.

A PROPOS DE LA COUR D'APPEL DE NÎMES
LETTRE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX
AU DIRECTEUR DE LA PUBLICATION DE LA GAZETTE DU PALAIS

27 février 2012

Monsieur le directeur,

En page 10 de votre numéro du dimanche 19 au mardi 21 février 2012 figure un article intitulé : « Nîmes : les magistrats choqués par la demande d’inspection du CNB ».

Cet article relate les réactions de magistrats, les unes contradictoires avec quelques autres. Je ne puis les laisser sans réponse.

Le débat, en effet, dépasse très largement celui de l’indépendance des juges à laquelle les avocats, les premiers, sont par essence attachés.

Personnellement, j’ai eu l’occasion de dire, notamment aux élèves de l’École nationale de la magistrature de Bordeaux, qu’il faut sans doute davantage d’éminentes qualités pour être magistrat que pour être avocat. Si l’avocat est, par définition, de parti pris, puisqu’il défend des intérêts particuliers, en revanche le magistrat - personne humaine qui en juge une autre - ne doit pas faire seulement preuve d’humanité et d’humilité, mais aussi d’une indépendance intransigeante : indépendance, bien sûr à l’égard des pouvoirs politiques et économiques et de l’opinion publique, mais aussi envers ses propres préjugés, sa morale personnelle et son système de valeurs aussi légitime soit-il.

Cette dépossession de soi-même fait la grandeur de la fonction de juge et nous serons toujours du côté des magistrats pour les conforter lorsque leur indépendance est menacée.

En revanche, lorsqu’il résulte de témoignages écrits ou de récits rapportés par des témoins dignes de foi que, de manière répétée, les avocats se voient traités comme quantité négligeable, font l’objet de gestes d’impatience ou de mépris, ou encore perçoivent nettement le refus de les écouter quand ils plaident, ce n’est plus l’indépendance qui est en question, mais l’impartialité de la justice.

Il n’est pas fréquent que les quatre bâtonniers du ressort d’une cour d’appel, parlant au nom de leurs confrères dont ils sont à la fois les défenseurs et le bouclier, se plaignent en même temps des mêmes comportements.

Par-delà le parti pris d’une aggravation des peines en appel, c’est la relation entre la justice et la défense qui est en cause à Nîmes. Et c’est le devoir des Ordres comme du Conseil national des barreaux de rappeler la considération que l’on doit aux femmes et aux hommes de la défense, héritiers des Tribuns de la plèbe auxquels Rome avait conféré un caractère sacré.

Cette estime est indissociable du respect légitimement revendiqué par les hommes et les femmes chargés d’incarner la seule institution humaine qui porte le nom d’une valeur : la Justice.

Je vous prie de croire, Monsieur le directeur de la publication, à l’assurance de mes sentiments les plus distingués.

Christian Charrière-Bournazel

Pour aller plus loin :
● A propos de la Cour d'appel de Nîmes : soutien aux avocats du ressort pour un traitement serein et impartial des dossiers des justiciables - Actualité du CNB du 21 janvier 2011


Lundi 12 Mars 2012

     


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