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EVENEMENTS DU CONSEIL

Hélène Poivey-Leclercq interrogée sur le Barreau de famille


Rencontre avec Hélène Poivey-Leclercq, avocat au Barreau de Paris, membre du Conseil national, fermement engagée dans la défense des intérêts du barreau de famille.


Hélène Poivey-Leclercq
Hélène Poivey-Leclercq
En quoi consiste le Barreau de Famille ?

Le Barreau de famille est le pendant du Barreau d'affaires. Il s'est constitué à la faveur des états généraux du droit de la famille organisés par le Conseil National des Barreaux qui a permis le rapprochement de tous les avocats spécialisés en droit de la famille.

Comment fédérer autant d'avocats autour des intérêts du barreau de Famille ? Quels sont vos moyens d'action ?

Notre réunion annuelle fédère les avocats spécialisés dans cette matière. Cette action est relayée par les commissions de droit des personnes qui existent maintenant dans presque chaque barreau.

Comment réagissez-vous à la volonté affichée de déjudiciariser le divorce ?

« Les pistes de travail » concernant le droit de la famille annoncées par la Chancellerie ajoutées à celles du Ministère du budget dont la presse s'est fait l'écho, sans que nous ayons été informés de leur existence ni, a fortiori, consultés, justifient que de façon urgente nous menions une réflexion sur ce que peut être demain le droit de la famille. A cette fin, avec l'accord du Président du Conseil National, j'ai créé une commission ad hoc chargée de réfléchir au droit à mettre en place pour protéger la famille de la déjudiciarisation du droit de la famille envisagée, qui est susceptible de porter atteinte non seulement à ses intérêts mais aussi à une conception démocratique de la justice.

Cette commission veut être une force de proposition quant aux moyens susceptibles d'assurer demain la légitime protection due à la famille, et quant au rôle que les avocats entendent jouer pour la défendre.

Quelles réflexions sont menées en ce moment ? Quels sont les futurs enjeux du Barreau de famille ?

Mis à part les récentes réflexions menées autour du divorce, nous réfléchissons aux moyens de mettre un terme à un mariage autrement que de manière conflictuelle. Les avocats du barreau de famille sont décidés à s'engager dans d'autres modes de résolution des conflits, comme le permet par exemple le processus de droit collaboratif. Ce processus apparaît comme une alternative globale et constructive qui permet de répondre de manière efficace et flexible aux besoins des couples qui se séparent ou rencontrent des difficultés.

Le droit collaboratif peut-il constituer une activité d'avenir pour le Barreau de famille ?

C'est une évolution très positive pour nous, avocats. Cela consiste pour deux personnes qu'opposent un différend familial, à choisir chacune un avocat formé au droit collaboratif. Outre un rôle de conseil et de négociateur, l'avocat intervient en amont du processus en déterminant avec son client ses priorités essentielles. Pendant toute la durée du processus de droit collaboratif, les clients s'engagent à ne pas recourir au juge pour régler leur différend, sauf en cas d'accord.

Avec leurs avocats respectifs, ils établissent un calendrier des réunions qui se tiendront et auxquelles ils participeront tous les quatre pour rechercher ensemble et de manière ouverte une solution à leur différend. Un expert ou plusieurs experts, choisis en commun par les parties, peuvent intervenir pour les aider dans leur décision (pédopsychiatre, expert comptable, fiscaliste). Les deux avocats et les experts instruits s'engagent tous à se décharger complètement et irrévocablement du dossier si le processus est mis en ouvre de mauvaise foi ou abusivement. Les intervenants sont liés par une obligation de confidentialité et les avocats sont tenus à de strictes règles déontologiques.

D'autres champs d'activité sont-ils prévus ?

Tout ce qui concerne les tutelles, les successions ouvre d'intéressantes perspectives au Barreau de famille. Les mandats créés par les récentes réformes intervenues en ces matières tels que le mandat de protection future, les mandats successoraux conventionnels ou judiciaires font entrevoir de nouveaux champs d'activité . L'avocat pourra désormais être avocat mandataire, rédacteurde mandat de protection future, tuteur etc. Et puis, en faisant entrer pour la première fois l'acte d'avocat dans le code civil, le législateur commence à lui reconnaître une valeur particulière. C'est une porte entrouverte sur l'acte sous signature juridique que la profession appelle. Une fois né et reconnu, cet acte permettra aux avocats du barreau de famille d'être les interlocuteurs privilégiés dont elle a besoin.

Toutes ces évolutions sont positives pour notre activité d'avocat. Le barreau de famille ne se cantonne plus désormais à un rôle seulement judiciaire. Le barreau de famille se positionne enfin dans ces nouvelles dynamiques de conseil, de rédacteur d'acte et de spécialiste de la cause de la famille, en dehors du prétoire.


Mercredi 20 Février 2008

     


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