Le développement du RPVA est-il conditionné à un changement de culture de la part des avocats ? "Pas forcément car par exemple, les avocats de toutes génération de notre cabinet ont bien accueilli cette évolution. En revanche, le problème reste le coût : 55€HT/mois et 7€HT/mois par clé par avocat. Un cabinet de taille moyenne comme le nôtre peut le supporter. Mais ce n'est pas le cas des avocats en structure individuelle qui souvent traitent peu de dossiers par audience de mise en état" souligne Véronique Vitse-Boeuf.
Les petits cabinets lillois sont en train de signer une pétition contre le prix de ce système. Car finalement, beaucoup ont le sentiment de supporter le coût de l'allègement administratif du tribunal."C'est vrai que le RPVA est une nouvelle charge pour les avocats. Mais il est important que le CNB ait développé sa propre plate-forme numérique afin de maîtriser ses réseaux d'informations et être prêt pour les futurs développements. Il y a un réel enjeu informatique" explique Serge Saccoccio,responsable du RPVA au CNB.
L'annonce récente d'un abonnement ramené à 25€/mois pour les cabinets individuels dès mi-avril,sans la nécessité d'avoir une clé USB, devrait calmer les esprits. "Par ailleurs, si les avocats ne souhaitent pas installer le RPVA dans leur cabinet, ils peuvent se rendre à l'ordre où 2 bornes collectives sont installées dans la salle de convivialité, permettant une connexion avec une clé,contre 10€/mois/clé" explique le bâtonnier René Despieghelaere, qui par ailleurs a repoussé au 11mai – au lieu du 31 mars initialement prévu - la date à laquelle les échanges aller-retour des bulletins de liaisons doivent être totalement numériques.