26 mai 2026
Présentation du premier baromètre des discriminations dans la profession d’avocat
La présentation de ce nouveau baromètre constitue une étape majeure dans la stratégie du Conseil national des barreaux en matière de lutte contre le harcèlement et les discriminations. Outil d’observation et de suivi, cette enquête a vocation à être reconduite de manière régulière afin de mesurer l’évolution des situations et d’orienter les politiques professionnelles. Ce travail offre une photographie précise des discriminations dans la profession en 2025.
Ce baromètre s’inscrit dans la continuité d’un travail engagé de longue date au sein de la profession, par suite de l’enquête réalisée par le Défenseur des droits à la demande et avec l’aide de la Fédération nationale des unions de jeunes avocats (FNUJA) en mai 2018. Cette enquête a conduit, dès 2019, à l’adoption d’un plan d’action relatif au harcèlement et aux discriminations dans la profession d’avocat. Celui-ci s’est notamment traduit par l’élaboration d’une charte dédiée, la publication d’un guide pratique, la désignation de référents au sein des barreaux et des écoles d’avocats, ainsi que par une évolution de la procédure disciplinaire et des réflexions toujours en cours sur l’échelle des sanctions. Ce plan dévoilait une volonté forte de doter la profession de ses propres outils de mesure. Le baromètre des discriminations mis en place par le CNB, avec l’appui de l’Observatoire de la profession, concrétise aujourd’hui cet objectif, en permettant à la profession de disposer d’un outil autonome de suivi et d’analyse.
Dans ce cadre, le Défenseur des droits, partenaire historique du CNB et invitée de l’Assemblée Générale, est demeuré étroitement associé aux travaux, en apportant notamment son expertise méthodologique dans l’élaboration de l’enquête tout en s’inscrivant dans une dynamique partenariale et de continuité institutionnelle.
Les résultats mettent en évidence une réalité persistante des discriminations, tant comme faits observés que vécus dans la continuité des résultats de 2019. Au cours des cinq dernières années, une part importante des avocats déclare avoir été témoin de discriminations, principalement liées au sexe ou au genre (41 %), à l’âge (34 %) et à la maternité (31 %). Ces situations se concentrent en particulier dans les relations de travail, qu’il s’agisse de relations internes aux cabinets ou entre avocats de structures différentes, ainsi que dans les interactions avec les clients et les professionnels non-avocats. On note également qu’à l’extérieur les relations avec les magistrats ou les forces de l’ordre sont également source non négligeable de discrimination.
Les femmes apparaissent plus exposées, notamment parmi les associées et les avocates exerçant à titre individuel. Les discriminations se cristallisent autour de moments clés du parcours professionnel : accès à la collaboration ou à l’association, début de carrière, maternité, fixation de la rémunération ou développement de la clientèle.
S’agissant des situations vécues (victimes), près d’un répondant sur cinq indique avoir été personnellement victime de discrimination, là encore principalement en lien avec le sexe ou le genre (20 %) et l’âge (19 %). Les contextes sont similaires à ceux relevés par les témoins, traduisant une inscription durable de ces phénomènes dans les dynamiques professionnelles.
L’analyse du « focus sur la dernière discrimination vécue » confirme la prégnance des discriminations fondées sur le sexe ou le genre (32 %), l’origine ou la couleur de peau (environ 15 à 16 %) et l’âge (15 %), avec des différences marquées selon le sexe des répondants. Cette approche met également en lumière des conséquences professionnelles importantes, les situations conduisant fréquemment à des ruptures de collaboration, des changements d’exercice ou des parcours professionnels contraints.
Le baromètre souligne également la faiblesse des réactions institutionnelles face aux discriminations. Les démarches engagées demeurent généralement informelles, et une part significative des situations ne donne lieu à aucune action. Les raisons invoquées tiennent notamment à un manque de confiance, à la crainte de représailles ou à l’absence de preuves. Si le taux de non-recours demeure préoccupant pour une profession juridique, il ressort néanmoins que les avocats qui s’engagent dans des démarches à la suite de discriminations privilégient majoritairement le recours à leurs instances professionnelles.
Malgré ces constats persistants, ce baromètre atteste d’une prise de conscience forte : Les résultats traduisent une réelle prise de conscience au sein de la profession. Très majoritairement, les avocats interrogés expriment leur volonté de voir se poursuivre et s’amplifier la lutte contre les discriminations, témoignant ainsi d’un engagement collectif croissant pour agir efficacement contre ces phénomènes. ». Même s’il interroge l’efficacité des mécanismes de recours existants, il invite à poursuivre et renforcer les politiques publiques de la profession vers davantage de prévention et de communication. Il encourage les victimes à agir, rappelant que la saisine de la Défenseure des droits constitue un appui essentiel, notamment grâce à son expertise du sujet et à sa plateforme dédiée (3928).
Cette séquence permet également de rappeler que ce regard introspectif sur la profession d’avocat, à l’image de l'ampleur de ce phénomène dans la société, confirme le rôle déterminant des avocats en la matière. « On a besoin des avocats sur le contentieux des discriminations, sans vous on n’y arrivera pas ! » proclamait Claire Hédon.
Dans ce contexte, la mise en place de ce baromètre marque une évolution essentielle. En dotant la profession d’un outil de suivi autonome, le Conseil national des barreaux se donne les moyens, au-delà du simple constat, d’en assurer le suivi et d’en mesurer les évolutions, afin d’adapter ses politiques publiques. Sa reconduction à intervalles réguliers, au moins une fois par mandature, permettra d’inscrire durablement la lutte contre les discriminations au cœur des priorités institutionnelles de la profession.
Dans ce cadre, le Défenseur des droits, partenaire historique du CNB et invitée de l’Assemblée Générale, est demeuré étroitement associé aux travaux, en apportant notamment son expertise méthodologique dans l’élaboration de l’enquête tout en s’inscrivant dans une dynamique partenariale et de continuité institutionnelle.
Les résultats mettent en évidence une réalité persistante des discriminations, tant comme faits observés que vécus dans la continuité des résultats de 2019. Au cours des cinq dernières années, une part importante des avocats déclare avoir été témoin de discriminations, principalement liées au sexe ou au genre (41 %), à l’âge (34 %) et à la maternité (31 %). Ces situations se concentrent en particulier dans les relations de travail, qu’il s’agisse de relations internes aux cabinets ou entre avocats de structures différentes, ainsi que dans les interactions avec les clients et les professionnels non-avocats. On note également qu’à l’extérieur les relations avec les magistrats ou les forces de l’ordre sont également source non négligeable de discrimination.
Les femmes apparaissent plus exposées, notamment parmi les associées et les avocates exerçant à titre individuel. Les discriminations se cristallisent autour de moments clés du parcours professionnel : accès à la collaboration ou à l’association, début de carrière, maternité, fixation de la rémunération ou développement de la clientèle.
S’agissant des situations vécues (victimes), près d’un répondant sur cinq indique avoir été personnellement victime de discrimination, là encore principalement en lien avec le sexe ou le genre (20 %) et l’âge (19 %). Les contextes sont similaires à ceux relevés par les témoins, traduisant une inscription durable de ces phénomènes dans les dynamiques professionnelles.
L’analyse du « focus sur la dernière discrimination vécue » confirme la prégnance des discriminations fondées sur le sexe ou le genre (32 %), l’origine ou la couleur de peau (environ 15 à 16 %) et l’âge (15 %), avec des différences marquées selon le sexe des répondants. Cette approche met également en lumière des conséquences professionnelles importantes, les situations conduisant fréquemment à des ruptures de collaboration, des changements d’exercice ou des parcours professionnels contraints.
Le baromètre souligne également la faiblesse des réactions institutionnelles face aux discriminations. Les démarches engagées demeurent généralement informelles, et une part significative des situations ne donne lieu à aucune action. Les raisons invoquées tiennent notamment à un manque de confiance, à la crainte de représailles ou à l’absence de preuves. Si le taux de non-recours demeure préoccupant pour une profession juridique, il ressort néanmoins que les avocats qui s’engagent dans des démarches à la suite de discriminations privilégient majoritairement le recours à leurs instances professionnelles.
Malgré ces constats persistants, ce baromètre atteste d’une prise de conscience forte : Les résultats traduisent une réelle prise de conscience au sein de la profession. Très majoritairement, les avocats interrogés expriment leur volonté de voir se poursuivre et s’amplifier la lutte contre les discriminations, témoignant ainsi d’un engagement collectif croissant pour agir efficacement contre ces phénomènes. ». Même s’il interroge l’efficacité des mécanismes de recours existants, il invite à poursuivre et renforcer les politiques publiques de la profession vers davantage de prévention et de communication. Il encourage les victimes à agir, rappelant que la saisine de la Défenseure des droits constitue un appui essentiel, notamment grâce à son expertise du sujet et à sa plateforme dédiée (3928).
Cette séquence permet également de rappeler que ce regard introspectif sur la profession d’avocat, à l’image de l'ampleur de ce phénomène dans la société, confirme le rôle déterminant des avocats en la matière. « On a besoin des avocats sur le contentieux des discriminations, sans vous on n’y arrivera pas ! » proclamait Claire Hédon.
Dans ce contexte, la mise en place de ce baromètre marque une évolution essentielle. En dotant la profession d’un outil de suivi autonome, le Conseil national des barreaux se donne les moyens, au-delà du simple constat, d’en assurer le suivi et d’en mesurer les évolutions, afin d’adapter ses politiques publiques. Sa reconduction à intervalles réguliers, au moins une fois par mandature, permettra d’inscrire durablement la lutte contre les discriminations au cœur des priorités institutionnelles de la profession.




