25 sept. 2017

Robe around the world

UN COSTUME. MAIS PAS N’IMPORTE LEQUEL.

La robe d’avocat est incontestablement le plus ancien costume civil encore en usage en Europe. Son origine est méditerranéenne et remonte au XIIe siècle. A cette époque, les croisées ont été très impressionnées par la Cour de Byzance et la pompe de l’empereur byzantin qui a été repris au Moyen-Age dans le « protocole bourguignon » qui, imposant au passage la couleur noire, fut lui-même transposé par Charles Quint en 1547 en Espagne puis, introduit en France, par l’intermédiaire des reines espagnoles à la Cour de France.

Après la période révolutionnaire qui vit l’abolition de tous les corps intermédiaires et donc la disparition du costume judiciaire de l’avocat, Napoléon Ier rétablit les Ordres d’avocats en 1810 dans l’Empire donc également sur les territoires actuels de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg. À cette occasion, fût dessinée la robe d’avocat mais également celles de la plupart des professions universitaire (maître de Conférence, professeur agrégé, doyen de faculté, recteur, proviseur de Lycée, ...), judiciaire (garde des Sceaux, avoués, juges, procureurs, greffiers,...) et même religieuse (rabbin et pasteur protestant). Depuis cette période, la robe d’avocat français a très peu évolué dans sa forme. Cependant, son domaine n’a fait que croître puisque son utilisation a été progressivement étendue aux huissiers, administrateurs judiciaires, mandataires liquidateurs et aux commissaires-priseurs. Au-delà de nos frontières, dans de très nombreux pays, la robe des avocats est également un élément d’égalité des avocats entre eux, des avocats au regard du juge et des avocats au regard du justiciable. Pour le grand public, la robe d’avocat est le symbole d’une profession respectée, parfois décriée et souvent fantasmée. Depuis quelques années, le barreau de Marseille, et désormais le Conseil national des barreaux français ont décidé de mettre en valeur la robe de l’avocat au travers de différents projets.

Avec la présente exposition, il vous est proposé un voyage autour du monde (judiciaire) en soixante robes d’avocat. Au-delà de cette invitation vers l’ailleurs, l’ambition « ultime » de l’exposition est de parvenir, grâce aux dons de robes par les avocats français et étrangers, à créer une collection permanente et mondiale de robes d’avocat qui pourra faire l’objet par la suite d’expositions itinérantes ou bien de prêts en France ou à l’étranger. À ce fonds de robes d’avocats, pourraient également s’agréger des robes d’universitaires ou encore des robes de magistrats françaises ou étrangères. Pour paraphraser Magritte, le costume professionnel que porte les avocats est plus qu’une robe. De par ses origines, son histoire et ses traditions, la robe d’avocat constitue un élément central du patrimoine démocratique de la France et de nombreux pays dans le monde. Elle mérite donc bien qu’on lui consacre un musée qui plus est international !


 CE N’EST PAS SEULEMENT À UN VOYAGE AUTOUR DU MONDE AUQUEL NOUS A CONVIÉ CETTE EXPOSITION. C’EST AUSSI À UNE RÉFLEXION SUR L’IDENTITÉ, LES VALEURS ET L’IMAGE DE NOTRE PROFESSION...

Pascal Eydoux, Président du Conseil national des barreaux de 2015 à 2017 

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